Identite et parametres
Identite
Eau
Comportement
Description
Le Scalaire altum est le géant majestueux du genre Pterophyllum et l’un des poissons d’eau douce les plus impressionnants qui existent. Là où le scalaire commun (Pterophyllum scalare) est connu de tous les aquariophiles, l’Altum reste l’apanage des passionnés expérimentés – plus rare, plus exigeant, plus onéreux, mais d’une beauté et d’une majesté sans équivalent dans l’aquariophilie d’eau douce.
Sa morphologie est saisissante. Son corps est extrêmement comprimé latéralement et très haut, en forme de disque vertical presque parfait. Ses nageoires dorsale et anale sont d’une longueur extraordinaire, véritables voiles triangulaires qui s’étendent bien au-delà du corps, pouvant porter la hauteur totale du poisson à 40 cm chez les grands spécimens. Sa caractéristique anatomique la plus distinctive est l’encoche caractéristique au-dessus de la bouche – une dépression en forme de selle au niveau du museau qui lui donne un profil de tête unique, totalement différent du scalaire commun. Cette “encoche” ou “stop” est le premier critère d’identification fiable entre les deux espèces.
Sa coloration naturelle est sobre mais élégante : corps argenté ou gris-brun avec quatre bandes verticales sombres nettes traversant tout le corps de la nageoire dorsale à la nageoire anale, des reflets rougeâtres sur les nageoires et parfois de fines vermiculations brunes sur le dos. Cette livrée est identique dans la nature et en aquarium – contrairement au scalaire commun, l’Altum n’a pas fait l’objet d’une sélection intensive de variétés colorées. Presque tous les Altums disponibles sont des formes sauvages ou quasi sauvages.
Originaire des eaux noires et ultra-acides du cours supérieur du Rio Orinoco en Colombie et Venezuela et du Rio Negro supérieur au Brésil, il vit dans des zones à courant très faible sous une canopée dense, parmi les racines immergées et les branches des arbres de la forêt amazonienne inondée. Ces eaux sont parmi les plus acides et les plus douces de la planète – un pH souvent inférieur à 5, une dureté quasi nulle, une couleur brune intense due aux tanins.
Dimorphisme sexuel
Quasi inexistant en dehors de la période de reproduction – c’est l’une des espèces les plus difficiles à sexuer de l’aquariophilie. Mâles et femelles sont pratiquement identiques en taille, coloration et morphologie des nageoires. La seule différence fiable est visible uniquement en période de reproduction active : la femelle présente un oviducte conique relativement épais visible en avant de la nageoire anale, le mâle un spermiducte fin dirigé vers l’avant. Cette distinction nécessite une observation très attentive et est impossible à confirmer chez des individus non en condition reproductrice. En pratique, la sexuation fiable passe par la formation naturelle de couples au sein d’un groupe suffisamment grand.
Alimentation
Régime naturel
Carnivore prédateur. En milieu naturel l’Altum consomme principalement des insectes aquatiques, des larves, des vers, de petits crustacés et des petits poissons. Sa grande taille et sa bouche protractile lui permettent de capturer des proies de taille respectable.
Le problème de l’alimentation des sauvages
La grande majorité des Altums disponibles dans le commerce sont des spécimens sauvages capturés dans l’Orénoque ou le Rio Negro. Ces individus peuvent refuser catégoriquement tous les aliments morts ou secs pendant des semaines après leur arrivée. Selon Seriously Fish, ils acceptent parfois plus facilement les aliments régurgités ou les déchets alimentaires d’autres poissons, le Discus étant l’exemple le plus cité.
Protocole d’acclimatation alimentaire
- Phase 1 : aliments vivants exclusivement (vers de vase vivants, artémias vivantes, larves de moustiques)
- Phase 2 : mélange vivant et congelé progressivement
- Phase 3 : introduction très progressive des aliments secs de haute qualité
Aliments acceptés une fois acclimaté
- Vers de vase vivants ou congelés
- Artémias adultes vivantes ou congelées
- Grindal worms, micro-vers
- Granulés de haute qualité spécifiques grands cichlidés (progressivement)
- Petites crevettes décortiquées
Fréquence : 2 à 3 petits repas par jour.
Compatibilite
Avec le Discus
L’association la plus recommandée et la plus naturelle. Le Discus et l’Altum partagent les mêmes exigences en eau ultra douce, acide et très chaude. Cette compatibilité parfaite sur les paramètres, combinée à des tempéraments similaires calmes et craintifs, en fait l’association de référence pour les grands bacs amazoniens de très haute tenue.
Avec les tétras
Les tétras cardinaux (Paracheirodon axelrodi) tolèrent les températures élevées et l’eau acide requises par l’Altum. C’est l’association de tétras la plus recommandée. Attention : tout tétra pouvant tenir dans la bouche d’un Altum adulte sera consommé. Les Cardinaux adultes sont généralement en sécurité mais les juvéniles sont à risque.
Avec les Corydoras
Le Corydoras sterbai est le seul corydoras vraiment adapté aux températures de 28-32°C requises par l’Altum. Association classique et réussie pour le fond du bac.
Entre Altums
Groupe de 5 minimum. Une hiérarchie sociale s’établit naturellement et les conflits restent généralement inoffensifs. Une fois un couple formé, ce dernier devient très agressif envers les autres individus du groupe pour défendre le site de ponte – prévoyez un grand volume avec des territoires bien délimités.
Avec les petits poissons
Incompatible avec tout poisson pouvant tenir dans sa bouche. Sa taille adulte de 15 à 20 cm avec des nageoires pouvant atteindre 40 cm de hauteur lui permet d’avaler des proies de taille significative.
Reproduction
Rareté de la reproduction en aquarium
La reproduction de l’Altum en aquarium est considérée comme l’un des exploits les plus difficiles de l’aquariophilie d’eau douce. La première reproduction documentée remonte aux années 1950 en Allemagne, suivie de quelques succès sporadiques depuis les années 1990. La quasi-totalité des Altums vendus dans le commerce sont des spécimens sauvages capturés.
Conditions requises – extrêmement strictes
- pH 4.5 à 5.5 avec une eau quasi distillée
- GH inférieur à 2
- Température 28-30°C très stable
- Nitrates quasi nuls (sous 5 ppm)
- Osmoseur obligatoire avec reminéralisation ultra légère
- Bac très planté avec grandes feuilles verticales comme supports de ponte
Formation du couple
Les Altums forment des couples monogames stables au sein d’un groupe. La formation naturelle est la seule méthode fiable – observer les comportements de nage parallèle et de défense commune d’un territoire.
La ponte
Le couple nettoie méticuleusement un support vertical (grande feuille d’Echinodorus, vitre du bac) et y dépose les oeufs en rangées régulières. Une ponte comprend 200 à plus de 1000 oeufs selon les sources. Les deux parents participent activement à la surveillance et à la ventilation des oeufs.
Incubation et alevins
Les oeufs éclosent en 48 à 72 heures. Les larves sont fixées sur le support pendant 5 à 7 jours avant de nager librement. Les parents continuent à les surveiller activement. Proposez des nauplies d’artémias fraîchement écloses dès la nage libre – la qualité de l’eau doit être absolument parfaite pendant cette phase critique.
Sante
Fragilité générale
L’Altum partage toutes les vulnérabilités du scalaire commun mais de façon amplifiée par ses exigences en eau ultra strictes. C’est l’un des poissons les plus sensibles aux conditions sous-optimales de l’aquariophilie.
Hexamita et HITH (trou dans la tête)
La pathologie la plus fréquente et la plus redoutée. Apparition de cratères sur la tête et la ligne latérale, fèces blancs, perte d’appétit, amaigrissement. Traitement au métronidazole dès les premiers symptômes – la prévention par le maintien de nitrates quasi nuls est indispensable.
Sensibilité aux nitrates
L’Altum est extrêmement sensible aux nitrates – même des concentrations considérées comme acceptables pour d’autres espèces (20-30 ppm) peuvent provoquer un déclin progressif. Maintenez les nitrates sous 5 ppm idéalement, 10 ppm maximum. Des changements d’eau fréquents avec de l’eau osmosée sont obligatoires.
Stress à l’achat
Les spécimens sauvages fraîchement importés sont dans un état de stress extrême après le transport. L’acclimatation doit être très progressive (méthode goutte à goutte pendant 2 à 3 heures minimum) et le bac doit offrir de nombreuses cachettes pour permettre une récupération progressive.
Ich (points blancs)
Possible lors des variations de température. Les Altums y sont sensibles. Traitement thermique en priorité (32°C maximum), médicament sans cuivre à demi-dose si nécessaire.
Prévention
Eau ultra douce et très acide parfaitement stable, nitrates quasi nuls, changements d’eau très fréquents avec eau osmosée, bac mature avec beaucoup de cachettes, alimentation vivante de qualité, surveillance quotidienne, quarantaine très longue (6 à 8 semaines) pour les nouveaux arrivants sauvages.
Erreurs frequentes
Conseils du redacteur
Le Scalaire altum est le poisson qui m’impose le plus de respect dans l’aquariophilie d’eau douce. Sa beauté est d’une majesté que peu d’autres poissons peuvent égaler, et les défis qu’il impose sont à la hauteur de cette beauté.
Sur les prérequis absolus
Osmoseur, pH sous 6, température stable à 29-30°C, nitrates quasi nuls, bac de 600 litres minimum avec hauteur d’eau supérieure à 60 cm. Si l’un de ces prérequis ne peut pas être respecté, ne maintenez pas cette espèce. L’Altum dans des conditions inadaptées décline lentement et inexorablement, ce qui est une expérience difficile à vivre pour un aquariophile.
Sur l’achat
Achetez uniquement chez des importateurs ou des animaleries spécialisées dont vous pouvez vérifier les conditions de quarantaine et d’acclimation. Un Altum sauvage fraîchement importé non quarantiné est une prise de risque majeure. Préférez des individus qui s’alimentent déjà en captivité et dont vous pouvez observer le comportement alimentaire avant l’achat.
Sur la hauteur du bac
La hauteur d’eau est souvent plus importante que le volume brut pour cette espèce. Un bac de 200 x 60 x 70 cm est préférable à un bac de 250 x 80 x 50 cm en termes de bien-être pour l’Altum. Ses nageoires ont besoin de place verticale pour se déployer complètement.
Sur l’association avec le Discus
C’est l’association parfaite – les deux espèces partagent les mêmes paramètres d’eau, les mêmes besoins en chaleur et les mêmes tempéraments calmes et craintifs. Un grand bac avec des Discus et des Altums, quelques Cardinaux et des Corydoras sterbai est l’un des aquariums les plus beaux et les plus cohérents qui puissent exister.
Le Pterophyllum altum doit son nom spécifique “altum” au latin signifiant “élevé” ou “haut”, en référence à la hauteur exceptionnelle de son corps et de ses nageoires qui peut atteindre 40 à 50 cm chez les grands spécimens adultes dans la nature. Cette hauteur extraordinaire est une adaptation à son habitat de prédilection : les zones de racines et de branches immergées des forêts amazoniennes inondées, où sa forme discoïdale très haute lui permet de se glisser latéralement entre les obstacles verticaux avec une agilité surprenante. Sa livrée de bandes verticales sombres complète cette adaptation en lui offrant un camouflage parfait parmi les troncs et les racines – vu de côté, un groupe d’Altums immobiles dans la végétation est pratiquement invisible, même pour des prédateurs expérimentés.




