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Guppy

Poecilia reticulata
Identite Description Dimorphisme Alimentation Compatibilite Reproduction Sante Erreurs Conseils

Identite et parametres

Identite

FamillePoeciliidae
Taille3-6 cm
Longevite2-3 ans
Prix1 - 15 € selon la variété et le grade
Dispo.courante

Eau

Temperature22-28 °C
pH6.8-7.8
GH8-20 °dGH
KH4-12 °dKH
Vol. min.40 L
Vol. ideal60 L

Comportement

Niveausurface
Groupe min.6 individus
Eclairagemoyen
Courantcalme
Repas2 à 3 fois par jour en petites quantités
PlantationRecommandee
CrevettesAvec précautions
Aussi appele Millionsfish, Rainbow fish, Lebistes
Origine Amérique du Sud - Venezuela, Trinidad, Guyanes, Barbade

Description

Le Guppy est sans conteste le poisson d’aquarium le plus populaire au monde et celui qui a introduit le plus grand nombre de personnes à l’aquariophilie. Originaire d’Amérique du Sud et des Caraïbes, il a été décrit scientifiquement en 1859 par le naturaliste Robert John Lechmere Guppy, qui lui a donné son nom. Depuis lors, des siècles de sélection ont produit des centaines de variétés aux couleurs et aux formes de caudales absolument spectaculaires, faisant du Guppy un poisson d’exposition à part entière avec ses propres compétitions internationales.

Vivipare, robuste, prolifique et d’entretien facile, le Guppy est le compagnon idéal pour débuter en aquariophilie. Sa capacité d’adaptation remarquable lui permet de survivre dans des conditions que peu d’autres espèces tolèreraient – eau dure, eau douce, températures variables. Dans la nature, on le trouve aussi bien dans des mares stagnantes et peu oxygénées que dans des cours d’eau clairs et rapides.

Le mâle est l’un des poissons les plus colorés de l’aquariophilie d’eau douce. Sa caudale peut représenter jusqu’à la moitié de sa longueur totale et arbore des motifs et des couleurs qui rivalisent avec les poissons marins. La femelle, plus discrète, assure la pérennité de l’espèce grâce à sa capacité à stocker le sperme pendant plusieurs mois, permettant plusieurs gestations consécutives sans nouveau contact avec un mâle.

Dans sa région d’origine, le Guppy joue un rôle écologique important : il est un grand consommateur de larves de moustiques, ce qui lui a valu d’être introduit dans de nombreux pays tropicaux pour lutter contre le paludisme – une introduction qui s’est parfois retournée contre les écosystèmes locaux en menaçant les espèces indigènes.

Dimorphisme sexuel

Extrêmement marqué, parmi les plus évidents de tous les poissons d’aquarium. Le mâle est nettement plus petit (3-4 cm) et arbore une caudale spectaculaire aux couleurs vives – rouge, bleu, vert, orange, violet – dans une multitude de formes sélectionnées par les éleveurs (voile, épée, lyretail, delta, ronde…). La femelle est plus grande (5-6 cm), terne, grisâtre ou légèrement dorée, avec une caudale courte et arrondie. La tache de gestation (tache gravide) est visible sur l’abdomen de la femelle sous la forme d’une zone foncée triangulaire qui s’assombrit et s’agrandit à mesure que la gestation progresse.

Alimentation

Omnivore opportuniste avec une forte tendance herbivore. En milieu naturel, le Guppy consomme principalement des algues filamenteuses, du zooplancton, des larves d’insectes, des micro-organismes et des débris végétaux. Sa bouche orientée vers le haut est parfaitement adaptée à la chasse en surface.

En aquarium, une alimentation variée est la clé d’une bonne santé et de couleurs éclatantes :

Aliments de base quotidiens : granulés ou paillettes de haute qualité spécifiques vivipares ou poissons tropicaux. Privilégiez des aliments riches en spiruline et en caroténoïdes pour intensifier les couleurs. Évitez les aliments low-cost remplis de farine de poisson et de céréales – ils ternissent les couleurs et fragilisent les poissons.

Aliments vivants et congelés – 3 à 4 fois par semaine : artémias adultes ou nauplies (excellent pour déclencher la reproduction et intensifier les couleurs), daphnies (riches en fibres, très bénéfiques pour la digestion), vers de vase (à donner avec modération, très appétents mais riches en graisses), micro-vers pour les juvéniles.

Légumes : concombre râpé, épinards blanchis, laitue. Le Guppy consomme naturellement les algues filamenteuses et le biofilm – un aquarium légèrement algué est bénéfique.

Fréquence et quantité : 2 à 3 petits repas par jour en quantité consommée en 2 minutes maximum. Les Guppys ont tendance à surmanger – un jour de jeûne par semaine est recommandé pour maintenir une bonne condition digestive.

Jeunes et alevins : les naissons de Guppy sont autonomes dès la naissance et peuvent consommer des nauplies d’artémias fraîchement écloses, de la nourriture en poudre fine, et du jaune d’oeuf dur émietté. Nourrissez 4 à 5 fois par jour en très petites quantités les deux premières semaines.

Signes de bonne alimentation : couleurs vives et saturées chez les mâles, comportement actif, nage en surface dynamique, femelles à l’abdomen bien rempli mais pas ballonné.

Compatibilite

Ne pas confondre avec

Le Guppy est un poisson communautaire par excellence, paisible et sans agressivité envers les autres espèces. Cependant son tempérament grégaire et la fragilité de ses nageoires imposent quelques règles de compatibilité importantes.

Avec les poissons de même gabarit : excellent avec les tétras paisibles (néons, cardinaux, rasboras harlequin, tétras flamme), les platies, les mollies, les endlers, les corydoras, les otocinclus et les gouramis nains. Ces associations constituent des communautés colorées et harmonieuses.

Attention aux mordeurs de nageoires : le Guppy mâle avec ses longues nageoires est une cible idéale pour les espèces mordeurs – barbus de Sumatra, tétras serpents, tétras à grandes bouches. Cette association est à proscrire absolument – les nageoires seront progressivement grignotées, stressant le mâle et le rendant vulnérable aux infections.

Avec les cichlidés : incompatible avec la grande majorité des cichlidés qui le percevraient comme une proie. Exception possible avec les cichlidés nains très paisibles (rams, apistogrammas) dans un grand bac très planté – à surveiller.

Avec les crevettes : compatible avec les grandes crevettes Amano. Risqué avec les petites crevettes neocaridina – les adultes sont généralement trop rapides pour être attrapés mais les juvéniles sont vulnérables.

Avec ses congénères : les mâles Guppys peuvent se harceler entre eux, notamment dans les petits volumes. Maintenez toujours plus de femelles que de mâles (ratio 2-3 femelles pour 1 mâle) pour diluer les comportements de poursuite. Un ratio inversé ou paritaire stress chroniquement les femelles constamment harcelées.

Avec les poissons prédateurs : à éviter avec toute espèce pouvant avaler un Guppy – betta (risque selon le caractère), loches massives, cichlidés de taille moyenne.

Densité recommandée dans un 60 litres : 6 à 8 Guppys (2 mâles, 4 à 6 femelles) + 6 corydoras + 8 à 10 tétras + 4 otocinclus. Cette communauté est équilibrée, colorée et facile à entretenir.

Reproduction

La reproduction du Guppy est l’une des plus fascinantes et des plus accessibles de l’aquariophilie. Vivipare, la femelle donne naissance à des alevins complètement formés et autonomes, contrairement aux espèces ovipares qui pondent des oeufs.

Mécanisme de reproduction : le mâle possède un organe copulateur appelé gonopode, formé par la transformation de la nageoire anale. Il l’utilise pour introduire des spermatozoïdes directement dans le corps de la femelle lors d’une parade nuptiale rapide – souvent si rapide que l’aquariophile ne la remarque pas. La femelle peut stocker le sperme dans ses voies génitales pendant 6 à 8 mois, ce qui lui permet d’avoir plusieurs portées successives sans recontact avec un mâle.

Gestation : dure 21 à 35 jours selon la température (plus courte à 26-27°C, plus longue à 22-23°C). On reconnaît une femelle gravide à son abdomen qui s’arrondit progressivement et à l’assombrissement de la tache de gestation (zone foncée triangulaire visible sur le ventre). Quelques heures avant la naissance, l’abdomen devient presque carré et la femelle cherche des cachettes ou se tient près de la surface.

Naissance : la femelle donne naissance à 20 à 100 alevins selon son âge et sa condition physique, au rythme d’environ 1 alevin toutes les 5 à 10 minutes. Les naissons mesurent 5 à 7 mm et nagent immédiatement. Attention : les parents, et les autres poissons du bac, peuvent manger les alevins – les plantes denses (mousse de Java, Vallisnérie, Hornwort flottant) leur offrent refuge.

Sauver les alevins : si vous souhaitez élever les alevins, trois options : placer la femelle dans un bac séparé juste avant la naissance (stressant pour la femelle), utiliser une boîte de naissance à compartiments dans le bac principal, ou avoir un bac très planté où les alevins se cachent naturellement. La première option est la moins recommandée car le stress peut provoquer une naissance prématurée.

Élevage des alevins : les naissons sont autonomes et commencent à manger immédiatement. Proposez de la nourriture en poudre fine, des nauplies d’artémias fraîchement écloses et des micro-vers. Nourrissez 4 à 5 fois par jour. La croissance est rapide – les mâles montrent leurs premières couleurs dès 3 à 4 semaines, les sexes sont facilement identifiables à 6 à 8 semaines.

Contrôle de la reproduction : dans un bac communautaire mixte, la reproduction est quasi-inévitable. Si vous ne souhaitez pas d’alevins, maintenez uniquement des mâles (très coloré et paisible entre eux dans un grand volume avec suffisamment d’espace) ou uniquement des femelles. La séparation des sexes est la seule méthode fiable de contraception chez les Guppys.

Sélection et lignées : les amateurs passionnés pratiquent la sélection pour fixer des variétés. Pour maintenir une lignée pure, il faut isoler les reproducteurs sélectionnés et éviter les croisements avec d’autres souches. Les Guppys de haute lignée (showroom quality) sont de véritables oeuvres d’art génétiques qui se vendent parfois plus de 50 euros la paire.

Sante

Le Guppy est globalement robuste mais présente quelques vulnérabilités spécifiques que l’aquariophile doit connaître.

La maladie du Guppy (Guppy Disease) : cette affection particulière ne touche que les Guppys et quelques autres vivipares. Elle se manifeste par une nage erratique, une courbure de la colonne vertébrale (cyphose), une perte de couleurs et une fonte musculaire progressive. Causée par une bactérie (Columnaris) ou un parasite interne (Hexamita, microsporidies), elle est souvent liée à une immunodépression due au stress ou à une eau de mauvaise qualité. Malheureusement, une fois les symptômes avancés, le pronostic est sombre. Traitement précoce : amélioration immédiate de la qualité de l’eau, traitement au métronidazole si parasites internes suspectés.

Finrot (pourriture des nageoires) : très fréquent chez le Guppy mâle dont les longues nageoires sont particulièrement sensibles. Les bords de la caudale deviennent opaques, s’effilochent et se nécrosent progressivement. Cause principale : eau de mauvaise qualité (nitrates élevés, ammoniaque). Traitement : amélioration de l’eau en priorité, antibactérien doux (eSHa 2000, Melafix) en complément. Les nageoires repoussent généralement si le traitement est précoce.

Ich (points blancs) : le Guppy y est sensible surtout lors des baisses de température. Traitement standard : montée progressive de la température à 30°C + traitement anti-ich adapté. Le Guppy tolère bien ce traitement.

Vers intestinaux : fréquents dans les élevages intensifs. Symptômes : maigreur malgré un bon appétit, fèces blancs ou filamenteux. Traitement au lévamisole ou au métronidazole.

Cyphose (courbure de la colonne) : peut être d’origine génétique (très fréquent dans les lignées très sélectionnées) ou pathologique. La forme génétique n’est pas contagieuse mais les individus atteints ne doivent pas être reproduits. La forme pathologique est souvent liée à la maladie du Guppy.

Prévention générale : maintenir une eau propre avec des nitrates sous 20 ppm, des changements d’eau réguliers (30% par semaine), une alimentation variée et de haute qualité, éviter les écarts de température, et réaliser une quarantaine systématique de tout nouvel arrivant.

Médicaments et sensibilité : le Guppy tolère bien les traitements standard à doses normales. Prudence avec le sel en cas de plantes dans le bac.

Erreurs frequentes

!
Maintenir plus de mâles que de femelles ou un ratio paritaire (les femelles mourront d’épuisement sous le harcèlement constant des mâles), les associer avec des mordeurs de nageoires comme les barbus de Sumatra (les caudales seront grignotées en quelques jours), ne pas surveiller la prolifération qui peut rapidement surcharger un bac de 40 à 60 litres avec des dizaines d’alevins, acheter des Guppys de mauvaise qualité génétique qui mourront dans les semaines suivant l’achat, négliger la qualité de l’eau qui est le principal facteur de mortalité précoce, et laisser la température descendre sous 20°C en hiver ce qui fragilise considérablement leur système immunitaire.

Conseils du redacteur

L'inspecteur scalaire conseille

Le Guppy est souvent sous-estimé par les aquariophiles expérimentés qui le considèrent comme “un poisson de débutant”. C’est une erreur. Certes, le Guppy de base vendu 1 euro en grande surface est robuste et peu exigeant. Mais le monde du Guppy de qualité est d’une richesse et d’une complexité insoupçonnées.

Si vous voulez des Guppys vraiment beaux, oubliez les animaleries classiques et cherchez des éleveurs spécialisés ou des associations aquariophiles. Les différences de qualité entre un Guppy de supermarché et un Guppy de lignée sont aussi spectaculaires que la différence entre une voiture de série et une voiture de compétition.

Sur le ratio mâles/femelles : c’est l’erreur la plus fréquente. Si vous mettez autant de mâles que de femelles, les femelles seront harcelées en permanence et mourront prématurément d’épuisement. Maintenez toujours au minimum 2 femelles par mâle, idéalement 3. Dans un bac uniquement mâles (possible dans un grand volume), les couleurs sont spectaculaires et les comportements très intéressants à observer.

Sur la reproduction non désirée : si vous ne voulez pas vous retrouver submergé d’alevins, achetez uniquement des mâles. Ils sont plus colorés de toute façon et vous éviterez les surprises. Un bac de mâles Guppys de différentes variétés dans un aquarium planté est l’un des plus beaux spectacles que l’aquariophilie peut offrir.

Sur l’alimentation : investissez dans une nourriture de qualité. La différence de couleur entre un Guppy nourri avec des paillettes bas de gamme et un Guppy nourri avec de la nourriture premium et des artémias vivantes est spectaculaire – les pigments caroténoïdes sont directement responsables de l’intensité des rouges et des oranges.

Le saviez-vous ?

La femelle Guppy possède une capacité reproductive unique dans le monde des poissons : elle peut stocker le sperme du mâle dans ses voies génitales pendant 6 à 8 mois. Cela signifie qu’une femelle achetée seule dans une animalerie peut donner naissance à plusieurs portées successives sans jamais avoir revu un mâle. Ce mécanisme, appelé superfétation, lui permet également de porter simultanément des embryons à différents stades de développement – une adaptation évolutive remarquable qui maximise ses chances de reproduction dans des conditions variables.

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