Identite et parametres
Identite
Eau
Comportement
Description
Le Ramirezi bolivien est le cousin souvent oublié du célèbre Ramirezi vénézuélien, et pourtant il présente des avantages pratiques considérables qui en font un choix supérieur pour de nombreux aquariophiles. Plus grand, plus robuste, plus tolérant sur les paramètres d’eau et moins sujet aux maladies que son cousin, il offre une richesse comportementale comparable avec une maintenance sensiblement plus accessible.
Originaire du bassin du Rio Madeira en Bolivie et au Brésil, il vit dans des eaux peu profondes aux fonds sableux, dans des zones de végétation dense et de litière de feuilles mortes. Ces eaux sont naturellement plus chaudes et moins acides que celles habitées par le Ramirezi vénézuélien, ce qui explique sa tolérance à une plage de paramètres plus large en aquarium.
Sa morphologie est distincte de celle du Ramirezi : un corps plus allongé et moins comprimé latéralement, des nageoires dorsales aux premiers rayons très développés et effilés qui lui donnent une silhouette élancée caractéristique, et une coloration dominée par les tons orangés, jaunes et bleutés avec des reflets iridescents changeants selon l’éclairage.
Avantage décisif sur le Ramirezi classique
Là où le Ramirezi vénézuélien exige une eau osmosée, un pH inférieur à 6.5 et une température précisément maintenue à 27-29°C, l’Altispinosa tolère une eau plus dure, un pH jusqu’à 7.5 et des températures de 22 à 28°C. Cette polyvalence le rend compatible avec l’eau du robinet de nombreuses régions françaises sans traitement particulier.
Dimorphisme sexuel
Le mâle
Légèrement plus grand et plus coloré que la femelle, avec des nageoires dorsale et caudale plus effilées et allongées. Les premiers rayons de la nageoire dorsale sont très développés, caractéristique qui lui a valu son nom altispinosus. Sa coloration est plus intense avec des reflets iridescents bleu-vert plus prononcés sur les flancs et des nageoires aux bordures rouge-orangé bien marquées.
La femelle
Plus petite et plus ronde, avec un abdomen plus profond visible de face, particulièrement prononcé quand elle est pleine d’oeufs. Ses nageoires sont plus courtes et arrondies. Sa coloration est légèrement plus terne mais reste très attractive.
La distinction devient nette sur des adultes de 4 cm et plus. Sur les juvéniles la sexuation est difficile – achetez un groupe de 6 jeunes individus et laissez les couples se former naturellement.
Alimentation
Régime naturel
Omnivore avec tendance carnivore et comportement benthophage. En milieu naturel il prend des bouchées de substrat qu’il filtre pour en extraire les invertébrés, larves et micro-organismes, tout en chassant les proies en pleine eau.
Aliments vivants et congelés – priorité absolue
Vers de vase vivants ou congelés – le préféré absolu, déclencheur de reproduction fiable
Artémias adultes congelées
Daphnies vivantes ou congelées
Grindal worms, micro-vers
Ces aliments doivent constituer la majorité de son alimentation pour maintenir ses couleurs et sa vitalité.
Aliments secs
Granulés ou pastilles coulantes de haute qualité acceptés comme base – contrairement au Ramirezi classique, l’Altispinosa les accepte plus facilement. Complétez toujours avec du vivant ou du congelé.
Comportement alimentaire
Fouille active du substrat avec sa bouche protractile, aspirant le sable et le recrachant pour détecter les proies enfouies. Dans un bac communautaire assurez-vous qu’il reçoit sa part lors des repas – il mange plus lentement que les poissons de surface.
Fréquence : 2 petits repas par jour avec alternance quotidienne des aliments.
Compatibilite









Avec les poissons de surface et de milieu
Excellente compatibilité avec les tétras de taille moyenne (cardinaux, rummy-nose, rasboras, tétras flamme), les danios paisibles et les petits barbus non agressifs. Ces poissons occupent des niveaux différents et leur présence en banc rassurent l’Altispinosa qui se sent moins exposé.
Avec les poissons de fond
Les corydoras sont généralement bien tolérés. Évitez les autres cichlidés nains dans un bac trop petit – réservez les associations inter-cichlidés aux bacs de 200 litres et plus avec des territoires bien délimités.
Entre Altispinosa
Un couple dans un bac de 100 litres est la configuration de base. Plusieurs couples dans un grand bac de 200 litres avec des territoires bien séparés par la décoration. Les conflits entre mâles existent mais restent moins violents que chez le Ramirezi.
Avec les crevettes
Incompatible avec les petites neocaridinas qui seront chassées. Compatible avec les grandes crevettes Amano sous réserve d’un bac très planté.
Association idéale dans un 120 litres
1 couple d’Altispinosa + 12 tétras rummy-nose + 6 corydoras sterbai + 4 otocinclus. Eau légèrement acide, 25-26°C, substrat sableux, nombreuses cachettes et racines.
Reproduction
Formation du couple
Achetez un groupe de 6 jeunes individus et laissez les couples se former naturellement en quelques semaines. Une fois formé, un couple d’Altispinosa est généralement stable et durable.
Conditions de reproduction
- Eau légèrement acide (pH 6.5)
- Température 25-27°C
- Substrat sableux avec pierres plates comme sites de ponte
- Nourrissage intensif aux vers de vase pendant 2 à 3 semaines
Comportement de ponte
Le couple nettoie méticuleusement un support plat pendant 1 à 2 jours avant la ponte. La femelle dépose 150 à 300 oeufs sur le support préparé, le mâle les féconde immédiatement. Les deux parents participent à la surveillance et ventilent les oeufs en permanence.
Soins parentaux biparents
Contrairement à l’Apistogramma où la femelle assure seule les soins, chez l’Altispinosa les deux parents participent activement. La femelle surveille les oeufs et les larves tandis que le mâle défend le territoire.
Incubation et alevins
Les oeufs éclosent en 48 à 72 heures. Les larves sont transportées dans des trous creusés dans le substrat par les parents. Les alevins nagent librement après 5 à 7 jours supplémentaires. Proposez des nauplies d’artémias fraîchement écloses dès la nage libre.
Sante
Hexamita et parasites internes
La pathologie la plus fréquente chez les cichlidés nains. Fèces blancs filamenteux, perte d’appétit, amaigrissement progressif. Traitement au métronidazole dès les premiers symptômes. L’Altispinosa y est moins sujet que le Ramirezi vénézuélien grâce à sa robustesse supérieure.
Ich (points blancs)
Possible lors des baisses de température. Traitement thermique (30°C maximum) et médicament anti-ich si nécessaire. Réponse généralement rapide.
Infections bactériennes
Favorisées par une eau de mauvaise qualité ou des blessures dues aux combats. Traitement antibactérien adapté et amélioration immédiate de la qualité de l’eau.
Prévention
Eau propre et stable avec nitrates sous 20 ppm, alimentation variée, substrat sableux doux, bac suffisamment grand pour les territoires, quarantaine des nouveaux arrivants.
Erreurs frequentes
Conseils du redacteur
Le Ramirezi bolivien est mon conseil systématique pour tout aquariophile qui veut découvrir les cichlidés nains sans les contraintes du Ramirezi vénézuélien. La différence de robustesse est réelle et significative.
Sur le choix entre Ramirezi et Altispinosa
Si vous habitez une région à eau calcaire ou si vous n’avez pas d’osmoseur, choisissez l’Altispinosa sans hésiter. Si vous avez une eau naturellement douce et acide et souhaitez les couleurs les plus spectaculaires, le Ramirezi vénézuélien peut valoir l’effort supplémentaire.
Sur la formation du couple
Achetez toujours 6 jeunes individus plutôt qu’un couple imposé. Les couples qui se forment naturellement sont nettement plus stables et reproducteurs. Revendez les individus non appariés une fois les couples formés.
Sur le substrat
Sable fin obligatoire. L’Altispinosa fouille le substrat en permanence avec sa bouche protractile – sur du gravier ses barbillons s’éroderont et son comportement naturel sera entravé.
Sur les couleurs
Sous un éclairage latéral chaud à 3000K, les reflets iridescents bleu-vert des écailles de l’Altispinosa adulte en pleine santé sont absolument spectaculaires. C’est l’un des poissons les plus photogéniques de l’aquariophilie sud-américaine.
Le Ramirezi bolivien est au coeur d’une confusion taxonomique historique qui a duré plusieurs décennies. Dans les années 1970, des importateurs européens importaient régulièrement de Bolivie ce qu’ils pensaient être des Ramirezi vénézuéliens. Ces poissons s’avéraient systématiquement plus robustes et moins exigeants, sans que personne ne comprenne pourquoi. C’est seulement quand les ichtyologistes ont examiné de plus près ces spécimens qu’ils ont réalisé qu’il s’agissait d’une espèce distincte. Cette confusion a perduré si longtemps que certains aquariophiles expérimentés des années 1970-80 pensaient avoir élevé des Ramirezi pendant des années alors qu’il s’agissait en réalité d’Altispinosa.