Apistogramma agassizii ← Poissons

Apistogramma agassizii

Apistogramma agassizii
Identite Description Dimorphisme Alimentation Compatibilite Reproduction Sante Erreurs Conseils

Identite et parametres

Identite

FamilleCichlidae
Taille5-9 cm
Longevite3-5 ans
Prix8 - 30 € selon la variété et la qualité - les variétés premium (Fire Red, Double Red) sont plus chères
Dispo.courante

Eau

Temperature24-28 °C
pH5.5-7.0
GH1-8 °dGH
KH1-6 °dKH
Vol. min.80 L
Vol. ideal100 L

Comportement

Niveaufond
Groupe min.2 individus
Eclairagefaible
Courantcalme
Repas2 fois par jour - aliments vivants ou congelés indispensables
PlantationRecommandee
CrevettesNon
Aussi appele Agassiz's dwarf cichlid, Apisto agassizii, Cichlidé nain d'Agassiz
Origine Amérique du Sud - bassin amazonien, Brésil, Pérou, Colombie - très large distribution

Description

L’Apistogramma agassizii est l’un des cichlidés nains les plus anciennement introduits en aquariophilie et l’un des plus populaires du genre. Décrit en 1875 et importé en Europe dès 1909, il bénéficie de plus d’un siècle d’observation et d’élevage qui en font une espèce très bien documentée. Sa large distribution naturelle dans le bassin amazonien, du Pérou à travers la Colombie jusqu’au Brésil, a produit une diversité de populations naturelles aux colorations distinctes que les éleveurs ont ensuite amplifiée par sélection.

Sa coloration naturelle est déjà spectaculaire : corps jaune-orangé irisé de bleu, bande latérale noire nette, nageoires caudales en lance ou en spatule selon la population, et des reflets changeants selon l’éclairage. Les variétés d’élevage (Fire Red, Double Red, Blue Pearl, Golden, Sunset) poussent ces couleurs à leur maximum, certaines variétés présentant des colorations quasi impossibles à trouver dans la nature.

Sa particularité par rapport à l’Apistogramma cacatuoides

Bien que très proche de son cousin le plus populaire, l’Agassizii se distingue par une morphologie différente (corps plus allongé, nageoire caudale en lance), des exigences en eau légèrement plus strictes (eau douce et acide recommandée), et une personnalité généralement moins agressive et moins territoriale que le cacatuoides. Pour les aquariophiles qui maîtrisent déjà le cacatuoides, l’Agassizii est l’étape suivante naturelle.

Sa très large distribution géographique naturelle a engendré une diversité de populations aux caractéristiques légèrement différentes. Les aquariophiles spécialisés collectionnent ces populations en maintenant des lignées géographiques séparées pour éviter les hybridations entre formes qui pourraient effacer les particularités de chaque population.

Dimorphisme sexuel

Le mâle

Nettement plus grand que la femelle (7 à 9 cm contre 5 à 6 cm) et beaucoup plus coloré. Son corps présente des reflets iridescents bleu-vert intenses, une bande latérale noire bien définie, et des nageoires aux prolongements caractéristiques selon les variétés. Sa nageoire caudale est en forme de lance ou de spatule selon la population ou la variété d’élevage. Les variétés sélectionnées (Fire Red, Double Red, Blue Pearl, Golden) poussent certaines colorations à leur maximum.

La femelle

Plus petite et plus ronde, avec une coloration de base brune à ocre naturellement terne. Sa caractéristique la plus remarquable est sa transformation en période de reproduction : elle développe une livrée jaune citron intense avec des taches noires très marquées sur les flancs, similaire à celle de la femelle Apistogramma cacatuoides. Cette transformation de garde parentale est l’un des changements de couleur les plus spectaculaires de l’aquariophilie.

Alimentation

Régime naturel

Carnivore microprédateur de fond. En milieu naturel il fouille le substrat sableux et la litière de feuilles mortes à la recherche de petits invertébrés, larves, vers et micro-crustacés. Sa bouche protractile lui permet de capturer des proies avec précision.

Aliments vivants et congelés – indispensables

  • Vers de vase vivants ou congelés – déclencheur de reproduction et favori absolu
  • Artémias adultes congelées
  • Cyclopes congelés – excellents pour les couleurs
  • Daphnies vivantes ou congelées
  • Grindal worms, micro-vers

Aliments secs

Micro-granulés ou petits granulés de haute qualité acceptés comme complément. Certains individus les refusent catégoriquement – ne jamais en faire la base exclusive de l’alimentation.

Comportement alimentaire

Chasse active au fond avec fouille du substrat. Dans un bac communautaire assurez-vous qu’il reçoit sa part – il mange plus lentement que les poissons de surface.

Fréquence : 2 petits repas par jour avec alternance quotidienne des aliments.

Compatibilite

Avec les poissons de surface et de milieu

Excellente compatibilité avec les tétras de taille moyenne (cardinaux, rasboras, tétras flamme), les danios paisibles et les petits barbus non agressifs. Leur présence en banc rassure l’Apistogramma qui se sent moins exposé et exprime davantage ses comportements naturels.

Avec les poissons de fond

Les corydoras sont généralement bien tolérés car ils se déplacent rapidement et ne s’installent pas dans un territoire fixe. Évitez les autres cichlidés nains dans un bac trop petit.

Configuration en harem

La configuration idéale est 1 mâle pour 2 à 3 femelles dans un bac de 100 litres minimum avec autant de grottes que de femelles. Chaque femelle établit son territoire autour d’une cavité de ponte.

Avec les crevettes

Incompatible avec les petites neocaridinas qui seront chassées. Compatible avec les grandes crevettes Amano de façon variable selon les individus.

En période de reproduction

La femelle devient extrêmement territoriale et défend agressivement son site de ponte contre tous les habitants. Prévoyez suffisamment d’espace et de cachettes pour que les autres poissons puissent fuir.

Association idéale dans un 100 litres

1 mâle + 2 femelles Apistogramma agassizii + 12 tétras cardinaux + 6 corydoras + 4 otocinclus. Eau douce acide, 26°C, feuilles de catappa, nombreuses grottes.

Reproduction

Formation du couple et configuration

L’Apistogramma agassizii est un pondeur sur substrat qui pond ses oeufs dans des cavités. La configuration idéale est 1 mâle pour 2 à 3 femelles avec une grotte disponible par femelle.

Conditions de reproduction

  • Eau douce et acide (pH 6.0-6.5, conductivité inférieure à 150 µS/cm)
  • Température 25-27°C
  • Nourrissage intensif aux vers de vase vivants pendant 2 à 3 semaines
  • Présence de grottes adaptées (céramique ou noix de coco)

La ponte

La femelle inspecte les grottes disponibles puis invite le mâle à la rejoindre dans la cavité choisie. La ponte a lieu à l’intérieur de la grotte, hors de vue. Elle dépose 40 à 100 oeufs sur les parois intérieures puis chasse le mâle.

Soins exclusifs de la femelle

Dès la ponte, la femelle prend en charge seule l’incubation et l’élevage. Elle se transforme visuellement – sa livrée passe au jaune vif avec des taches noires intenses. Elle ventile les oeufs en permanence, retire les oeufs morts et défend férocement son territoire. Le mâle peut être retiré dans les petits bacs car la femelle peut devenir dangereusement agressive envers lui.

Incubation et alevins

Les oeufs éclosent en 48 à 72 heures. La femelle transporte les larves dans sa bouche vers des trous de nurserie. Les alevins nagent librement après 5 à 7 jours. Proposez des nauplies d’artémias fraîchement écloses dès la nage libre.

Sante

Hexamita et parasites internes

La pathologie la plus fréquente chez les Apistogramma. Fèces blancs filamenteux, perte d’appétit, amaigrissement. Traitement au métronidazole dès les premiers symptômes – intervenir rapidement car la maladie évolue vite.

Ich (points blancs)

Fréquent lors des baisses de température. Traitement thermique (30°C maximum) et médicament anti-ich si nécessaire.

Choc osmotique à l’achat

Acclimatation insuffisante peut être fatale. Méthode goutte à goutte pendant 60 à 90 minutes minimum obligatoire.

Stress de reproduction

Une femelle en garde parentale stressée peut manger ses oeufs ou alevins. Assurez-vous que le bac offre suffisamment d’espace et de cachettes.

Prévention

Eau douce légèrement acide stable avec nitrates sous 10 ppm idéalement, alimentation variée riche en proies vivantes, nombreuses cachettes, quarantaine systématique des nouveaux arrivants.

Erreurs frequentes

!
Ne pas prévoir suffisamment de grottes ce qui empêche la reproduction et génère des conflits permanents
!
Maintenir dans une eau trop dure et trop alcaline où les couleurs restent ternes et la reproduction impossible
!
Nourrir exclusivement avec des granulés sans apport de proies vivantes ce qui provoque un déclin progressif
!
Ne pas anticiper l’agressivité de la femelle en garde parentale et ne pas prévoir assez d’espace
!
Introduire avec des crevettes neocaridinas qui seront systématiquement chassées et mangées
!
Confondre avec d’autres espèces d’Apistogramma vendues sous des noms génériques similaires
!
Ne pas faire d’acclimatation progressive à l’achat ce qui peut être fatal pour cette espèce sensible aux chocs osmotiques

Conseils du redacteur

L'inspecteur scalaire conseille

L’Apistogramma agassizii est pour moi l’Apistogramma le plus élégant du genre. Sa nageoire caudale en lance ou en spatule selon la population lui donne une silhouette unique parmi les cichlidés nains.

Sur le choix de la variété

Les variétés d’élevage (Fire Red, Double Red) sont spectaculaires mais parfois moins robustes que les formes sauvages ou les populations naturelles. Pour débuter avec l’Agassizii, choisissez une variété d’élevage européen réputé plutôt que des spécimens importés d’Asie.

Sur l’eau

L’Agassizii est plus exigeant que le cacatuoides sur la qualité de l’eau. Un pH de 6.0 à 6.5 avec une eau douce est vraiment nécessaire pour les meilleures couleurs, la reproduction et la longévité maximale. Si votre eau est calcaire, un osmoseur est recommandé.

Sur les grottes

Indispensables et nombreuses – au moins une par femelle plus une supplémentaire. La noix de coco JBL Cocos Cava est parfaite pour cette espèce.

Sur l’observation

Observez la femelle régulièrement. Son changement de couleur vers le jaune vif est le premier signal d’une reproduction imminente ou en cours. Une femelle jaune qui disparaît dans une grotte est une femelle qui couve.

Le saviez-vous ?

L’Apistogramma agassizii a été nommé en l’honneur de Louis Agassiz (1807-1873), naturaliste suisse-américain et l’un des plus grands zoologistes du XIXe siècle. Agassiz a dirigé la célèbre Expédition Thayer au Brésil en 1865-1866, au cours de laquelle des centaines de nouvelles espèces de poissons amazoniens ont été collectées et décrites. Ironiquement, bien que l’espèce porte son nom, Agassiz lui-même était opposé à la théorie de l’évolution de Darwin, une position qui le marginalisa progressivement dans la communauté scientifique de son époque. Sa contribution à la connaissance des poissons amazoniens reste néanmoins fondamentale – de nombreuses espèces parmi les plus populaires de l’aquariophilie portent son nom ou ont été décrites lors de ses expéditions.

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