Hongi Red Top ← Poissons

Hongi Red Top

Labidochromis sp. "Hongi"
Identite Description Dimorphisme Alimentation Compatibilite Reproduction Sante Erreurs Conseils

Identite et parametres

Identite

FamilleCichlidae
Taille7-10 cm
Longevite6-8 ans
Prix6 - 15 € par individu
Dispo.courante

Eau

Temperature24-28 °C
pH7.8-8.5
GH8-15 °dGH
KH10-20 °dKH
Vol. min.250 L
Vol. ideal350 L

Comportement

Niveaumilieu
Groupe min.5 individus
Eclairagemoyen
Courantmodere
Repas2 fois par jour, petites portions
PlantationNon requise
CrevettesNon
Aussi appele Kimpuma cichlid, Hongi cichlid, Labidochromis hongi, Red Top Kimpuma
Origine Afrique de l'Est - Lac Malawi (endémique) - côte tanzanienne, entre Liuli et Undu Reef, îles Hongi et Kimpuma, Mbamba Bay

Description

Un mbuna encore mystérieux

Le Labidochromis sp. “Hongi” est une espèce non encore formellement décrite par la science – son nom latin officiel reste donc provisoire, fondé sur sa localité type : l’île Hongi, sur la côte tanzanienne du lac Malawi. Cette situation est courante dans le genre Labidochromis, particulièrement riche en formes géographiques aux statuts taxonomiques encore débattus.

Une livrée qui change avec l’humeur

C’est l’une des particularités les plus spectaculaires du Hongi Red Top : sa coloration n’est pas fixe. Le mâle dominant peut passer en quelques instants d’un bleu pâle discret à une livrée complète, barres noires contrastées sur fond bleuté et dorsale flamboyante rouge-orangé. Ce changement instantané reflète son état émotionnel, son niveau de dominance et son intention de reproduire ou de défendre son territoire.

Morphologie

Corps allongé et robuste, typique des Mbunas. La nageoire dorsale longue du mâle dominant, bordée et colorée de rouge-orangé à rouge vif selon les individus et la souche, est l’élément distinctif qui justifie le nom “Red Top”. Les femelles et mâles subordonnés ont une livrée brun-violacée souvent confondue avec celle d’autres espèces. La taille adulte dépasse les 10 cm chez les mâles, avec certains individus atteignant 12-13 cm.

Habitat naturel

Espèce strictement rocheuse habitant les zones à fort relief entre la surface et plusieurs mètres de profondeur. Le substrat est composé de sable et de rochers. L’eau du lac Malawi autour de l’île Hongi est dure, alcaline, très claire et stable en température – des conditions indispensables à reproduire en captivité.

Dimorphisme sexuel

Le dimorphisme est marqué chez les individus dominants, beaucoup plus discret chez les subordonnés et les juvéniles. Le mâle dominant développe une livrée spectaculaire : corps bleu pâle à violet avec des barres verticales foncées et une nageoire dorsale ornée d’un dégradé allant du jaune vif à l’orange rouge intense – c’est ce “toit rouge” qui donne son nom commercial à l’espèce. La couleur est directement liée au statut social : un mâle subordonné prend une teinte brunâtre terne proche de celle de la femelle. La femelle est généralement brun-violet terne, parfois légèrement lilas selon son humeur, avec des barres peu contrastées et sans rouge sur la dorsale. Les mâles dominants développent des ocelles sur la nageoire anale et partiellement sur la dorsale. Ce dimorphisme lié à la dominance complique fortement le sexage des juvéniles et des individus en situation de stress ou de subordination.

Alimentation

Régime naturel

Omnivore avec une forte tendance herbivore dans la nature. Le Hongi Red Top broute les algues et le biofilm sur les rochers, complété par de petits invertébrés et matières organiques. Contrairement au Labidochromis caeruleus, il s’appuie davantage sur les végétaux – une alimentation trop carnée est à risque.

Base quotidienne

  • Granulés spécifiques Mbunas à base de spiruline
  • Flocons végétaux de qualité
  • Légumes blanchis occasionnels : épinards, courgette, salade romaine

Aliments complémentaires acceptables

  • Artémias congelées très ponctuellement
  • Mysis congelés avec modération

Ce qu’il faut éviter

Les aliments riches en protéines animales (vers de vase, coeur de boeuf) favorisent la maladie du Malawi, particulièrement redoutable dans cette espèce. La spiruline doit rester la base du régime. Deux petits repas par jour, engloutis en 2-3 minutes maximum.

Compatibilite

Colocataires possibles

Espèce à maintenir exclusivement dans un bac biotope lac Malawi avec des Mbunas de tempérament comparable ou légèrement plus costaud. Pseudotropheus acei, Cynotilapia afra et certains Metriaclima modérés peuvent convenir. Les grands Synodontis (S. multipunctatus) comme poissons de fond sont une option souvent citée.

Associations à proscrire

Tout poisson ne tolérant pas un pH alcalin élevé. Les espèces trop pacifiques comme les Peacocks (Aulonocara) qui se feront dominer et harceler. Les autres espèces du genre Labidochromis en raison du risque d’hybridation – Labidochromis caeruleus et Hongi ne doivent pas cohabiter pour cette raison. Les invertébrés (crevettes, escargots) seront systématiquement consommés ou harcelés.

Gestion de l’agressivité

Le Hongi Red Top est nettement plus territorial et agressif que le Labidochromis caeruleus – ne pas se fier à l’appartenance au même genre pour supposer une compatibilité identique. Un seul mâle par bac est fortement conseillé. Le surpeuplement maîtrisé avec de nombreux rochers et cachettes reste la meilleure stratégie pour diluer l’agressivité du mâle dominant.

Reproduction

Mode de reproduction

Incubateur buccal maternel, méthode typique des cichlidés du lac Malawi. La femelle assure seule l’incubation dans sa bouche, sans participation du mâle après la fécondation. Le mâle est polygame et peut se reproduire avec plusieurs femelles successivement.

Déclenchement

La maturité sexuelle est atteinte vers 1 an. La reproduction se déclenche spontanément si les conditions de maintenance sont respectées. Une hausse modeste de la température de 1-2°C peut stimuler la parade du mâle.

Parade et ponte

Le mâle nettoie et défend activement un site de ponte plat, généralement une grande pierre horizontale. Sa parade est intense et visuelle : coloration maximale, ondulations du corps, agressivité accrue envers les autres mâles et les individus qui s’approchent trop. La femelle dépose 30 à 50 oeufs qu’elle récupère aussitôt dans la bouche avant de venir aspirer le sperme du mâle au niveau de ses ocelles anales.

Incubation et alevins

La femelle incube les oeufs 20 à 25 jours, pratiquement sans se nourrir. Sa gorge est visiblement distendue. Les alevins libérés sont autonomes et acceptent des nauplies d’artémias dès la naissance. Ne pas isoler la femelle porteuse sauf en cas de harcèlement grave, au risque qu’elle avale sa ponte ou perde son rang dans le groupe.

Sante

Maladie du Malawi (bloat)

Principal danger pour cette espèce, comme pour tous les cichlidés du rift. Gonflement abdominal progressif, perte d’appétit, selles blanchâtres, léthargie. Souvent déclenchée par une alimentation trop riche en protéines animales ou par un stress chronique (territoire insuffisant, ratio mâles/femelles déséquilibré). Traitement au métronidazole, pronostic sombre en stade avancé. Prévention par l’alimentation végétale et l’eau irréprochable.

Point blanc (ichtyophthirius)

Parasite externe classique pouvant survenir lors de l’introduction de nouveaux poissons ou d’un choc thermique. Petits points blancs sur le corps et les nageoires. Traitement : hausse progressive à 30°C associée à un antiparasitaire adapté.

Stress et comportement pathologique

Un mâle qui perd sa couleur et reste caché en permanence est un signal d’alerte sérieux. Causes fréquentes : bac trop petit, trop de mâles, paramètres d’eau dégradés, colocataires inadaptés. Un Hongi stressé chroniquement développe des maladies secondaires rapidement.

Prévention générale

  • Changements d’eau réguliers (20-25 % par semaine)
  • Nitrates maintenus sous 20 mg/L
  • Quarantaine de 4 semaines pour tout nouvel arrivant
  • Éviter toute variation brutale de paramètres

Erreurs frequentes

!
Maintenir plusieurs mâles ensemble dans un bac insuffisant – les combats sont violents et peuvent aller jusqu’à la mort du dominé
!
Confondre son tempérament avec celui du Labidochromis caeruleus et le traiter comme un poisson débutant – l’espèce est nettement plus agressive et exigeante
!
Associer avec des Peacocks ou d’autres cichlidés paisibles qui seront systématiquement harcelés
!
Nourrir avec des aliments riches en protéines animales – régime herbivore de base obligatoire sous peine de maladie du Malawi
!
Faire cohabiter avec d’autres Labidochromis dont le caeruleus – hybridation certaine et irréversible
!
Acheter sans quarantaine préalable des sujets dont les barres et la coloration indiquent une hybridation probable entre populations
!
Sous-dimensionner le bac et s’étonner de l’agressivité – le volume résout une large partie des problèmes de comportement

Conseils du redacteur

L'inspecteur scalaire conseille

C’est un poisson pour aquariophile averti qui a déjà de l’expérience avec les Mbunas – pas un premier cichlidé africain. Sa beauté est indiscutable mais son agressivité est réelle et sa gestion en communauté demande de la rigueur.

Sur le volume

350 litres minimum pour un groupe avec un seul mâle. Ce n’est pas négociable. Dans un bac trop petit, le mâle dominant transforme la vie des autres poissons en enfer – femelles épuisées par le harcèlement permanent, mâles subordonnés blessés et stressés chroniquement. Un bac de 150 cm de façade est vraiment le minimum pour cette espèce.

Sur la confusion commerciale

Hongi, Kimpuma, Red Top, Super Red Top, Hongi Super Red – on trouve cette espèce vendue sous une dizaine de noms différents selon les animaleries et les éleveurs. Ces noms désignent souvent des individus issus de mélanges de populations. Pour des sujets de qualité et génétiquement purs, se tourner vers des éleveurs spécialisés en cichlidés du rift.

Sur la couleur

Un mâle Hongi qui ne colore pas est soit subordonné (il n’est pas dominant), soit stressé, soit malade. Ne pas s’alarmer immédiatement si un mâle reste terne à l’achat – il lui faut souvent plusieurs semaines pour s’établir et exprimer sa vraie livrée dans un nouveau bac.

Le saviez-vous ?

Le nom “Red Top” et “Kimpuma” désignent en réalité des populations légèrement différentes de la même espèce non décrite. Le Kimpuma, originaire de l’île du même nom, présente une dorsale plus rouge et plus intense, tandis que le Hongi classique arbore plutôt une dorsale jaune-orangé. Cette distinction, réelle dans la nature, est aujourd’hui largement brouillée dans le commerce aquariophile par des années d’élevages mixtes. La plupart des poissons vendus sous ces deux noms sont en pratique des hybrides des deux populations, ce qui rend la conservation des souches pures difficile et valorise les éleveurs spécialisés qui maintiennent les deux formes séparément.

Sources

Wikipedia · Fishipedia · Fishkeeper UK · Aquatics Unlimited

👥 10 membres
© L'Aquarium Français — Tous droits réservés